Lectures 2018 : parenthèse estivale

L’été se termine, avec son lot de beaux souvenirs, accompagné d’un vrai soulagement : presque finie cette chaleur humide, qui colle au climat coréen. Je n’attends plus que le bel automne orangé, taché de jaune et de rouge.
La saison estivale a été aussi un beau moment de lecture, où il est difficile d’échapper au diktat du livre policier et du thriller, auxquels on fait la part belle à ce moment de l’année. Je me suis laissée tenter facilement, car j’adore ces genres, tout en me laissant guidée par mon humeur et mes envies, ce qui donne un petit bilan de lecture assez éclectique.

 

Belle du Seigneur d’Albert Cohen

J’en avais entendu beaucoup de bien, de lectrices happées par les personnages et leur destin. Après avoir lu Le Livre de ma mère du même auteur il y a plusieurs années, ouvrage dont j’avais beaucoup aimé le style, j’ai décidé de sauter le pas et d’attaquer ce gros pavé de 800 pages.

Avec cet ample roman, dont le titre aurait pu être Le Livre de l’Amour, c’est une fresque de l’éternelle aventure de l’homme et de la femme qu’après un long silence nous offre l’auteur de Solal, de Mangeclous et du Livre de ma mère.
Editions Gallimard

Quelle déception ! Même si j’ai apprécié la plume et l’humour d’Albert Cohen, j’ai vraiment détesté les personnages, dont le comportement m’a généralement laissée froide et distante quant à leur destin. La curiosité de connaître la fin m’a poussée à poursuivre la lecture et, là aussi, mes attentes ont été déçues.
Lorsque je lis les critiques et analyses sur la toile, je les comprends et elles sont d’ailleurs très intéressantes, mais je n’ai vraiment pas apprécié cette lecture.

 

Les Montagnes hallucinées d’Howard Phillips Lovecraft

Il s’agit du premier ouvrage que je lis de cet auteur, dont j’avais un peu découvert l’univers via des adaptations audio de France Culture (La Chose sur le seuil et Chuchotements dans la nuit), et j’avais hâte de le lire, surtout que l’histoire se déroule en Antarctique, une contrée qui m’attire depuis longtemps à travers le récit d’explorateurs.

Septembre 1930. Une expédition composée de scientifiques embarque pour les étendues glacées de l’Antarctique. Là, derrière une chaîne de montagnes en apparence infranchissable, ils mettent à jour les vestiges d’une ancienne cité aux proportions gigantesques. Ils sont alors loin d’imaginer que cette découverte pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l’humanité…
Du Cenacle Editions

Malgré des termes techniques un peu laborieux qui rendent certaines choses difficiles à se représenter (je l’ai lu en format électronique, sans pouvoir savoir de quand datait la traduction, et n’ayant donc aucune idée de sa qualité), j’ai beaucoup aimé la trame de l’histoire, la montée du mystère et du suspense. L’univers imaginé par l’auteur est vraiment riche et fascinant.
Il paraît que Guillermo del Toro l’adapte au cinéma, je serais curieuse de voir le résultat !

 

Libérées ! de Titiou Lecoq

J’avais vu un peu passer ce livre sur la blogosphère, et c’est dans le cadre du Club de lecture féministe des Antigones que j’ai décidé de le découvrir.

« Un jour, je me suis demandée  : pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent  ? Je n’ai trouvé qu’une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c’est pour ma gueule.
Être une femme, ce n’est pas seulement l’idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c’est le souci permanent des autres et du foyer, c’est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve.  L’égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu’elles doivent s’occuper de tout et tout le monde, et d’elles en dernier, s’il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée.
Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence  : l’espace public est toujours masculin. Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue  ? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale  ?Editions Fayard

Titiou Lecoq nous livre ici le résultat de deux années de recherches sur le sujet du ménage, et de ce qu’il implique encore dans l’inégalité des sexes au sein de notre société aujourd’hui. C’est un ouvrage très fouillé, écrit avec humour et bienveillance, et où j’ai vraiment appris beaucoup de choses : l’analyse de statistiques quant à la répartition des tâches, l’histoire des écoles ménagères, la place de la mère, ou encore des pistes pour l’avenir.
Bref, une multitude de sujets de réflexion, de prise de conscience et de thèmes à aborder en couple ou entre amis pour faire bouger les lignes !

Je vous recommande la critique de la blogueuse d’Un Invincible Été, qui co-anime le Club de lecture cité plus haut avec Antigone 21, bien plus détaillée que la mienne et qui donne un meilleur aperçu de l’ouvrage.

 

Et ils oublieront la colère d’Elsa Marpeau

J’ai entendu parler d’Elsa Marpeau lorqu’elle a présenté son dernier roman sur France Culture. Connaissant peu d’autrices, et encore moins d’autrices francophones, dans le domaine du roman policier, ma curiosité a été titillée. Et c’est à la lecture de ce résumé que j’ai choisi l’un de ses ouvrages.

Été 1944. Une femme court dans la campagne icaunaise. Elle cherche à échapper à la foule qui veut la tondre. 
Été 2015. Un homme a été tué près d’un lac. La gendarme chargée de l’enquête soupçonne que son meurtre est lié à une tonte, qui a eu lieu soixante-dix ans plus tôt. 
Entre aujourd’hui et hier, les destins s’entremêlent mais les protagonistes ne s’en souviennent plus – ils ont oublié la colère, les jours de liesse et la cruauté des vaincus contre ceux de leur camp, lors de la Libération. L’enquête va exhumer ce passé dont plus personne ne veut se rappeler.
Editions Gallimard

L’on se retrouve dans l’écrasante chaleur de l’été, un meurtre énigmatique dans un petit village, où 70 ans auparavant, une jeune femme tente d’échapper aux villageois pour éviter la tonte. Le suivi de l’enquête ponctué de retours en arrière, en été 1944, épaississent le mystère tout en composant petit à petit un seul et unique puzzle.

Mon coup de coeur de l’été !

L’autrice ne verse jamais dans le cliché, avec des personnages profonds, une plume subtile, et une fin vraiment inattendue ! J’y repense encore aujourd’hui.

 

L’incroyable secret de Clive Cussler

J’avoue que je n’aurais jamais ouvert les pages de ce livre à la seule lecture de la quatrième de couverture. C’est l’avis de la blogueuse d’Abracadabooks qui m’a fait découvrir ce thriller, et en même temps convaincue de le lire.
Et comme le hasard fait bien les choses, j’ai trouvé cet ouvrage cet été à la ressourcerie de Felletin, pendant ma semaine de vacances.

Mission : retrouver coûte que coûte un incroyable document secret qui vaut de l’or mais pourrait déclencher une guerre.
Deux des meilleurs agents secrets du monde, Dirk Pitt, l’Américain, et Brian Shaw, l’Anglais, s’affrontent dans une course folle pour mettre, le premier, la main sur cet incroyable secret disparu depuis soixante-quinze ans mais que la belle Heidi Milligan, un brillant officier de la marine américaine, a découvert accidentellement.
Editons Le Livre de Poche

Malgré la profusion des personnages qui peut porter à confusion par instants, le mystère et la multiplicité des points de vue rendent l’intrigue passionnante et pleine de suspense ! On se laisse à la fois surprendre par les retournements de situations en plongeant dans une Histoire revisitée et au secret, comme le titre l’indique, (vraiment) incroyable.
Un très bon moment d’évasion.

 

Le bal d’Irène Némirovsky

Là encore, c’est grâce à une émission de France Culture que j’ai entendu parler de cette autrice des années 30, et dont le succès est réapparu il y a quelques années (ainsi que la polémique).

Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d’y participer mais se heurte à l’interdiction de sa mère. Plus que le récit d’une vengeance, le Bal (1930) compte parmi les chefs-d’œuvre consacrés à l’enfance.
Editions Grasset

Il s’agit d’un court récit, au style vif, aux personnages acérés, et à l’histoire prenante jusqu’à sa chute. J’ai vraiment apprécié la plume de l’autrice, la manière qu’elle a de créer une atmosphère en quelques lignes. J’ai d’ailleurs commencé un autre de ses romans, Les Mouches d’automne, dont je savoure les pages malgré le tragique de l’histoire.

 

Et vous ? Qu’avez-vous lu cet été ?

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4 commentaires sur “Lectures 2018 : parenthèse estivale

  1. Mon fils a fait son entrée a la maternelle en avril du coup j’ai enfin pu me replonger dans la lecture, et ça fait un bien fou ! Depuis Juin j’ai enchaîné les bouquins, j’en ai lu 6, je les ai emprunte au coin bibliothèque de mon boulot, de ce fait ils se passent tous au Japon.

    Mes préférés de cet été :
    Kabukicho, Dominique Sylvain
    La vraie vie, Natsuo Kirino
    Wasurenagusa / Horaru, Ai Shimazaki (numéro 4 et 5 d’une saga de 5 livres)

    et les deux autres qui ne m’ont pas trop marques :
    Lumière pale sur les collines, Kazuo Ishiguro
    Parade, Shuichi Yoshida

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    1. Merci pour ces impressions, c’est super que tu puisses profiter de ces moments de lecture !
      Je connais très peu la littérature japonaise, je vais jeter un coup d’oeil aux auteurs de ta liste. 🙂

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