Lectures 2020 : chapitre 2

J’adore commencer l’année blogueste par un billet lectures ! Et même si j’ai moins de temps à consacrer au blog et plein d’autres idées d’articles, j’y suis allée à mon rythme pour partager ce deuxième bilan 2020, que voici !

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.
Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Éditions J.-C. Lattès

Un livre qui nous emmène dans une histoire familiale, entourée de mort, de deuil, de souffrance et de folie aussi. Ce fut un lecture dure, fascinante et prenante à la fois et qui a soulevé beaucoup d’interrogations en moi : comment en arrive-t-on à la folie ? Qu’est-ce qui nous construit en tant que personne, en tant que mère ?
Pas de psychanalyse dans ce livre où l’autrice esquisse la vie de sa mère à travers ses souvenirs et ses recherches faites auprès de sa famille. L’on s’approche de sa mère, Lucile Poirier, sans jamais pouvoir saisir toute ses facettes et au final, c’est le mystère qui demeure.
J’ai adoré la construction de ce roman, ses bribes, son apparente manque de logique qui nous surprend et nous emmène toujours plus loin. Et j’ai trouvé ses réflexions sur l’écriture passionnantes !

Bref, j’avais beaucoup entendu parler de Delphine de Vigan et j’ai apprécié la découvrir enfin à travers cet ouvrage très fort, un coup de cœur !

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Mamas, petit précis de déconstruction de l’instinct maternel de Lili Sohn

Petite j’étais persuadée qu’il fallait avoir des enfants. A 15 ans, je pensais que je serai mère à 20 ans, à 20 ans je pensais que ça serait vers 25 ans. Et puis j’ai rencontré des gens qui pensaient autrement et qui questionnaient la charge sociale de l’obligation de maternité. J’ai commencé à me demander si moi, j’en voulais vraiment. Ce que ça signifiait et pourquoi on le faisait ? J’étais très mitigée sur le sujet. Et puis un jour, à 29 ans, j’ai eu le cancer. En même temps que l’annonce de la maladie, on m’a prévenu que les traitements allaient probablement me rendre stérile. Là, tout d’un coup, ça a été comme si on m’ôtait un jouet et que tout ce que je voulais c’était ce jouet-là ! Quatre ans plus tard, me voilà enceinte.
À travers ma propre maternité, je veux interroger le fameux instinct maternel, l’explorer du point de vue philosophique, culturel, historique ; mais aussi aborder les différents types de parentalité, à travers d’autres témoignages. En bref : c’est quoi l’instinct maternel ? Et est-ce qu’il existe vraiment ?
Éditions Casterman

J’aime beaucoup les bandes-dessinées et c’est avec plaisir que j’en glisse une dans ce bilan ! Le résumé dit déjà beaucoup. Lili Sohn, que vous connaissez peut-être déjà pour ses autres ouvrages La Guerre des tétons et Vagin Tonic, questionne avec humour et intelligence le fameux instinct maternel. Étant maman, cette BD m’a beaucoup parlé !

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La Femme brouillon d’Amandine Dhée

Le meilleur moyen d’ éradiquer la mère parfaite, c’est de glandouiller. Le terme est important car il n’appelle à aucune espèce de réalisation, il est l’ennemi du mot concilier. Car si faire vœu d’inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c’ est la subversion absolue.
Le jour où je refuse d’ accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose.

Éditions La Contre Allée

J’ai savouré ce roman du début à la fin : que de justesse, que de réflexions fines et pleines d’humour dans ces bribes de vie sur la maternité ! On se sent moins seule à combattre l’image de la mère parfaite et à se poser des questions sur la maternité et la société (j’ai d’ailleurs partagé mes doutes dans un billet dernièrement).

Un livre léger et profond dont j’aime relire des passages au hasard des pages, m’offrant un regard nouveau à chaque fois.

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Black Blocs d’Elsa Marpeau

Pour la police, les Black Blocs sont des casseurs – ces types qui, en fin de manif, mettent un foulard sur leur visage et prennent une batte de base-ball pour défoncer les vitrines et les CRS. Eux-mêmes se considèrent comme des individus isolés qui, parfois, s’agrègent spontanément pour lutter contre la violence capitaliste. Des anonymes, sans visage. N’importe qui. Un ami à vous, un collègue. Vous-même. Pour Swann Ladoux, les Black Blocs n’étaient rien. Jusqu’au jour où elle trouve son conjoint, Samuel, assassiné dans leur appartement. Et découvre que celui-ci menait une double vie : prof de socio le jour, soldat anarchiste la nuit. Prête à tout pour retrouver le meurtrier, Swann plonge dans un monde inconnu, quitte à basculer corps et âme dans les profondeurs clandestines…
Éditions Gallimard

Voici le deuxième ouvrage que je lis de cette autrice et une chose est sûre : j’adore sa plume et son univers ! Pour moi ce fut une lecture perturbante où l’on sombre avec son héroïne dans la violence : violence de la société, violence contre le système, violence de ce qui arrive à Swann. Je n’ai pas trouvé que ce livre était politique, d’ailleurs Elsa Marpeau ne le revendique pas comme tel, mais dont l’histoire s’articule autour de la vengeance, glissant doucement vers une autre quête jusqu’au point de non retour.
Comme pour le roman précédent que j’ai lu (et dont je parle ici), j’ai particulièrement apprécié la manière de traiter les personnages, surtout Swann, loin des clichés et du pathos, et en même temps insaisissable.

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Livre abandonné : Maman a tort de Michel de Bussi

Rien n’est plus éphémère que la mémoire d’un enfant…
Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit.
Il est le seul. Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car, déjà, les souvenirs de Malone s’effacent. Ils ne tiennent plus qu’à un fil. Le compte à rebours a commencé. Qui est vraiment Malone ?

Éditions Le Livre de poche

J’avais envie de rajouter ce titre à ce bilan, car je trouve ça bien de crier haut et fort, ou plutôt d’écrire en grosses lettres, que j’ai abandonné une lecture. Je me rappelle encore des livres obligatoires à l’école et du calvaire que c’était parfois de finir un ouvrage. Aujourd’hui j’ai le choix, et la vie est trop courte pour s’imposer des moments pénibles de lecture !

On m’a prêté ce roman, dont l’auteur est très connu et au résumé alléchant. Quelle déception ! J’ai arrêté à la page 143 (oui j’ai noté ce détail) : le rythme est lent, le style maladroit (j’ai trouvé certaines métaphores très bizarres et lourdes), les personnages plats et très clichés, ni attachants, ni intrigants, bref une lecture de plus en plus pénible. Mais ce qui m’a beaucoup énervée, c’est l’héroïne, proche de la quarantaine, qui ne pense qu’à faire un enfant alors qu’elle est célibataire. On sent bien le manque de finesse de l’auteur (rien que le nom de famille Augresse…), et tout le poids du « male gaze » (c’est-à-dire la vision masculine et hétérosexuelle du monde).
Cet abandon me conforte dans l’approche de privilégier des autrices dans mes choix de lecture.

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Règles douloureuses de Kopano Matlwa

Afrique du Sud, 2015. Des années durant, Masechaba a souffert de douleurs chroniques liées à une endométriose. Le sang a forgé son caractère, a fait d’elle une personne solitaire, mais l’a aussi poussé vers la médecine. À présent, jeune interne, elle s’interroge sur sa capacité à aimer tous ses patients, à leur donner toutes ses forces. De même s’interroge-t-elle sur la capacité de son pays à construire une nouvelle nation, au moment où un racisme inter-africain semble devoir remplacer l’apartheid.
Au final, c’est avec ses doutes, avec ses peurs et avec son sang que la jeune femme saura écrire son histoire, armée d’un courage entêté.

Éditions Le Serpent à plumes

Un livre court, très dur et fort, qui touche à tellement de thèmes : le suicide, l’endométriose, le racisme, l’amitié, le viol, la religion, la dépression… Au vu du résumé, je ne m’attendais pas à tout cela, mais vous voilà prévenu(e) : c’est un roman à lire dans de bonnes conditions psychiques.
J’ai beaucoup aimé ce voyage littéraire, à travers le journal de Masechaba qui s’adresse à Dieu. L’on y suit sa voie, ses doutes et questionnements, jusqu’à l’insupportable et une fin très touchante.
Cette lecture donne envie d’en savoir plus sur l’Afrique du Sud, et j’ai très envie de découvrir Coconut, un autre roman de cette autrice.

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Moi les hommes, je les déteste de Pauline Harmange

Et si les femmes avaient de bonnes raisons de détester les hommes ?
Et si la colère à l’égard des hommes était en réalité un chemin joyeux et émancipateur dès lors qu’on la laisse s’exprimer ?
Dans ce court essai, Pauline Harmange défend la misandrie comme une manière de faire place à la sororité et à des relations bienveillantes et exigeantes.
Un livre féministe et iconoclaste.

Éditions Seuil

Misandre.
Un mot qui m’était inconnu avant de lire sur le compte de Pauline un peu avant la sortie de son livre.
Je la suis depuis longtemps et l’admire beaucoup (c’est elle qui m’a donné l’envie de bloguer d’ailleurs), alors j’étais tellement contente que son essai soit publié ! Je ne pensais pas me l’acheter tout de suite, habitant loin de la France, mais finalement les frais de port peu élevés (grâce au tarif Livre Brochure si vous voulez tout savoir) m’ont convaincue et je l’ai acheté en quelques clics.

J’ai adoré retrouver sa plume et ses réflexions féministes (je vous invite à découvrir son blog si ce n’est déjà fait !). Avec cet essai, Pauline Harmange met le point sur des choses qui ont fait écho en moi, notamment le chapitre sur la colère, et donne de la force pour assumer sa misandrie. Car je crois qu’en lisant ce livre, je suis devenue, ou plutôt j’ai découvert ma facette misandre, et ça fait du bien !

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Le Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux

Une ombre rôde dans l’Opéra. Une présence singulière, une apparence douteuse et une voix lugubre… Un machiniste est retrouvé pendu, un grand lustre se détache en pleine représentation. On parle du fantôme de la loge n°5. Mais a-t-on véritablement affaire à un fantôme ?

Après avoir lu pour la première fois Gaston Leroux l’année dernière (j’en ai parlé ici si vous voulez tout savoir), j’avais très hâte de lire ce titre, entendu de si nombreuses fois, surtout que je voulais le découvrir avant le film (que je n’ai pas encore vu au moment où j’écris ces lignes).
Malheureusement, je ne l’ai pas lu dans les meilleures conditions : la fatigue me gagnant vite le soir, je l’ai lu de manière trop hachée pour pouvoir l’apprécier pleinement. C’est peut-être pour cette raison que j’ai trouvé la mise en place de l’intrigue assez longue, même si cela ne pas pas empêchée d’être prise par le suspense grandissant jusqu’à la fin.

Je suis vraiment contente d’avoir lu ce classique, mais je pense qu’au final je m’attendais à autre chose et il ne m’a pas marquée comme je l’attendais.

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Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay

Paris, mai 2002. Julia Jarmond, journaliste pour un magazine américain, est chargée de couvrir la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv. Au cours de ses recherches, elle est confrontée au silence et à la honte qui entourent le sujet. Au fil des témoignages, elle découvre, avec horreur, le calvaire des familles juives raflées, et en particulier celui de Sarah. Contre l’avis des siens, Julia décide d’enquêter sur le destin de la fillette et de son frère. Soixante ans après, cela lui coûtera ce qu’elle a de plus cher.
Paris, le 16 juillet 1942 : la rafle du Vel’ d’Hiv’. La police française fait irruption dans un appartement du Marais. Le petit
Michel, paniqué, se cache dans un placard, et sa grande sœur Sarah, dix ans, l’enferme et emporte la clef en lui promettant de revenir. Mais elle est arrêtée et emmenée avec ses parents.

Éditions Héloïse d’Ormesson

Un secret, des aller-retours dans le passé, des faits historiques, des histoires de famille, une femme qui enquête et se cherche elle-même : ce n’est que le début de la liste des éléments qui m’ont fait adorer ce roman !
L’autrice porte ce récit avec beaucoup d’émotions, sans jamais basculer dans le pathos et les clichés. L’histoire et ses personnages m’ont habitée tout au long de la lecture et même au-delà, signe d’un grand coup de cœur. Je ne connaissais ni le livre, ni son adaptation cinématographique avant qu’une amie ne mette cet ouvrage entre mes mains, et ce partage rend cette découverte encore plus belle !

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Et vous ? 2020 en lectures, ça donne quoi ?

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