La distance

Ce billet participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie, dont le thème, la distance, a été proposé par la marraine du mois d’août, Kelly, du blog Lily’s road.

histoire expat

La distance : un sujet inspirant qui sème des idées pêle-mêle dans ma tête tellement il y a de choses auxquelles je pense ! Bon, heureusement que l’écrit est là pour organiser quelque peu tout cela, du moins je vais essayer.

Ma première fois à distance pendant plusieurs mois très loin de la France, c’était lors d’un échange universitaire en Chine. Année étudiante très intense, pleine de découvertes, de voyages et de rencontres, mais aussi avec ses instants où le mal du pays s’installe, jamais trop longtemps heureusement.
À cette époque (en 2010), pas de smartphone ni d’accès internet chez moi au début. Cela ne me rajeunit pas certes, mais Skype existait déjà, et je profitais d’une pause dans un café pour parler à ma famille les premiers temps, ou tout simplement leur écrire un courriel. Les nouvelles étaient donc assez régulières, une fois par semaine environ, selon les disponibilités et, détail très important, l’heure.
Ah le fameux décalage horaire, il m’accompagne depuis bien longtemps ! + 6h l’été, 7h l’hiver, et pour la Corée, on décale encore d’une heure.
Je vois donc mes proches lorsque c’est le matin ou le début de l’après-midi en France, et le soir en Corée (ou Chine à ce moment-là).

Lorsque je rentre en France, une nouvelle distance se crée en sens inverse, avec mon petit-ami coréen rencontré en Chine. Là je découvre les joies du smartphone et des applications de messagerie en ligne, ou encore celles permettant d’appeler gratuitement un fixe à l’étranger.
Le quotidien de nos vies étudiantes respectives est donc ponctué de messages, voire d’un appel matinal en France. On s’adapte à ces milliers de km, à rater un rdv Skype parce que ce n’est pas le bon moment, à s’écrire quelques messages pour raconter notre journée ou à parler longuement de tout et de rien, tout en profitant de notre vie en toute indépendance, et ensuite savourer à fond les semaines où nous nous rendons visite (trois fois en deux ans environ).
C’est en tout cas l’image que j’ai aujourd’hui de cette période de notre vie et je me souviens du plus dur : être à distance pendant dix mois. Comment avons-nous fait ? Je ne sais pas vraiment et chaque couple est si différent face à une telle situation ! Disons que l’on a choisi d’accepter la situation et de prendre notre mal en patience.

Après les études, il était temps de mettre fin à cette distance et 2014 signe mon arrivée pour durée indéterminée en Corée ! Nous nous retrouvons sans pression, sans plus compter les jours qui nous rapprochent ou nous séparent, vivant ensemble une nouvelle vie de couple. Là il a fallu apprendre un nouvel équilibre, et une autre distance au final, pour se retrouver aujourd’hui mariés et parents.

La situation géographique s’inverse donc avec ma famille, et la première année fut sûrement la plus dure pour m’adapter à cette nouvelle vie loin d’eux.
Les périodes de vacances estivales ou Noël me rendent toujours un peu nostalgique de la France et des moments passés avec mes proches. Je rentre environ une fois par an, pas toujours longtemps à cause du travail. Je vois peu mes nièces grandir et depuis que je suis maman la situation s’inverse encore une fois, ma famille se retrouvant dans ma situation : recevoir des photos et vidéos par-ci par-là avant d’enfin se rencontrer et de réaliser que le temps passe vraiment vite.

Les amis ou la famille, les moyens de contact ou la régularité de nos interactions sont vraiment très variables d’une personne à l’autre et d’une période à l’autre. Tout fluctue, on s’adapte et on s’y fait. Internet rend les choses plus facile, même si rien ne remplace le plaisir de recevoir un colis ou une lettre, et d’imaginer tous les gestes qui s’y sont cachés derrière.

Au final, comme mentionné plus haut, c’est parfois moins la distance que le décalage horaire qui est le plus dur, car à l’heure du bain de ma fille et de son coucher, ou tout simplement au moment du dîner ou de regarder un petit film par exemple, à quelques fuseaux horaires de là, l’on est en train de déjeuner ou parti faire une emplette, ou encore en sortie pour le week-end. Pas facile de se voir très souvent donc, surtout avec les derniers chamboulement que constituent la vie de parent.
Alors heureusement il y a les messages, dans lesquels il est moins évident d’être spontané ou de prendre le temps d’écrire un pavé (pas trop mon style). L’entre-deux serait les messages vocaux, un moyen qui ne me séduit pas beaucoup (je déteste le répondeur), mais qui sait vers quoi cette distance va nous mener pour la surmonter ?

 

Et vous ? La distance, vous la vivez comment ?

 

Personnes participant ce mois-ci :

 

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11 commentaires sur “La distance

  1. Quand on devient parent, c’est certain que la distance prend une autre dimension car on a encore moins de temps pour téléphoner, pour écrire, etc. Puis, il ne s’agit plus seulement de notre gestion de la distance (et de celles de nos proches vis-à-vis de nous) mais il y a aussi la création du lien familial entre l’enfant et sa famille non expatriée.
    Merci pour ton témoignage !

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    1. Oui, comme tu le dis la gestion de la distance est différente avec un enfant. C’est tout nouveau pour moi et je ne m’inquiète pas encore de tout cela, même si je sens que c’est un grand tournant dans notre vie d’expat !

      Aimé par 1 personne

  2. Hello ! Je vis à l’étranger depuis 4 ans mais je suis restée en Europe, ce qui est plus « facile » que ta situation… Je ne suis pas maman mais je me doute que la distance prend une autre dimension lorsqu’on le devient ! Ton article est très intéressant, j’adore lire ce genre d’articles pour voir s’il y a des similitudes avec mon expérience 🙂

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    1. Oui, c’est une toute nouvelle dimension où je n’ai pas encore vraiment pris mes marques. Moi aussi j’aime beaucoup découvrir la vie d’autres personnes vivant à l’étranger, les témoignages sont tous tellement différents et enrichissants !

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    1. Merci 🙂 Oui c’est exactement ça. J’ai vraiment senti la première année comme un cap, après il y a toujours des hauts et des bas mais c’est plus « facile ». Tout dépend de ton nouvel environnement aussi bien sûr !

      Aimé par 1 personne

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