J’épile ou pas ?

L’été est là, et que cela soit en France ou ici en Corée, les jambes se dénudent, les pieds, les bras se retrouvent au grand air, et ça fait du bien !

Oui mais…

La question revient de plus en plus insistante et sournoise depuis au moins l’année dernière : j’épile ou pas ?

Autant ne pas être maquillée lorsque je me rends quelque part n’est pas du tout un problème, ni même une question existentielle comme peut l’être celle de ma pilosité.
Comme beaucoup de personnes, j’ai commencé à m’épiler vers la période du collège/lycée, parce que c’était la norme, que des jambes lisses et bronzées, c’est beau, et que les poils sous les bras ou ailleurs deviennent tout à coup signe de saleté et de laideur.

Au début, s’épiler c’est un peu comme la première fois qu’on pique du maquillage à sa mère ou sa sœur : ça fait bizarre mais on se sent différente, plus jolie, prête pour l’extérieur. En d’autres termes, on se sent normale et acceptée.

Alors oui j’ai rasé tout ça, à la crème, au rasoir, à la cire. C’était un peu une corvée chaque été, ou avant d’aller à la piscine en plein hiver, pourtant je me suis pliée à tout ce processus dépoilant.

Sauf que… la tâche devient de plus en plus pénible, voire inutile à mes yeux, et l’année dernière j’ai commencé à dire stop.
Stop à m’épiler les jambes.
Alors oui, quelques pensées féministes, la sagesse de la trentaine qui approche, et tout simplement la flemme (ou devrais-je écrire la FLEMME) ont pris possession de mon cerveau et de mon corps.

Été 2018 : je passe à l’acte en me promenant au parc le soir ou le matin en short, puis également en journée le week-end (pour le travail je porte des vêtements plus longs, et cela n’a rien ou peu à voir avec mes poils). Ce sont de petits défis remportés avec joie, mais mon retour en France pour un mariage me fait quand même passer à l’acte une fois.

Hiver 2018 : je me rends à la piscine pas du tout épilée, même les aisselles cette fois-ci, et je me sens extrêmement à l’aise (le fait d’être enceinte aurait-il un rôle dans cette attitude lâcher-prise je-m’en-foutiste ?).

Été 2019 : je ne m’épile toujours pas les jambes, et les aisselles ont attendu quelques semaines.

J’ai longtemps hésité à les raser. Seule, je n’ai bien sûr aucun problème à me retrouver « à poil » si vous me permettez l’expression, et malgré quelques sorties en débardeur, le regard des gens, intériorisé depuis si longtemps, a fini par avoir raison de moi.

Pourtant on fait comme on veut non ? Si je me sens mieux épilée ou pas ici et pas là, où est le problème ? Pourquoi je ne me pose pas toutes ces questions lorsque je mets du rouge à lèvres, mon accessoire beauté préféré par excellence ?

Peut-être parce que le maquillage, je le fais vraiment et uniquement pour moi, l’épilation, pas vraiment. Pas encore. D’ailleurs aurais-je fait toutes ces choses si j’avais été en France, ou à la plage ? Bizarrement rien n’est moins sûr. En Corée, on vous regarde déjà pour votre différence, alors tant pis !

Dois-je culpabiliser de céder à une pression que je me mets quant à cette pilosité que l’on juge encore gênante chez la femme ? Culpabiliser d’hésiter à porter tel ou tel vêtement en fonction de ce que l’on peut voir de mes poils ?

Non.

Un mot facile à dire ou à écrire, moins évident à appliquer. Pourtant j’ai décidé de m’écouter. Tout simplement. Peu importe si mes raisons sont nobles ou empreintes de patriarcat, si je m’écoute je me sens mieux. Les réflexions font leur cheminement, les actes viendront en leur temps, selon ma paresse ou mon envie.

Peut-être.

Et vous ? Vous épilez ou pas ?

 

4 commentaires sur “J’épile ou pas ?

  1. Tu as bien raison de ne pas culpabiliser, on subit déjà des injonctions et des jugements forts, si en plus on s’auto-flagelle de ne pas y résister en permanence ! Moi j’ai enfin réussi à arrêter mais je suis bien consciente qu’un entourage bienveillant (ou indifférent selon les cas ^^) ça aide aussi et que certaines ont moins de chance… et si je me sentais mal à l’aise, je me raserai ou épilerai ponctuellement 🙂

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    1. Oui, la pression est de tous les côtés parfois, mais qui n’est jamais en contradiction entre ses valeurs et ses actes ? C’est vrai que l’entourage compte pas mal pour se sentir en confiance et à l’aise au début, et c’est super que tu aies été entourée de bienveillance pour passer à l’acte 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Moi j’ai commencé à m’épiler les jambes sur le tard… bon j’avoue que je suis très peu poilue… c’est la qu’intervient la décision qui est dépendante de la pilosité personnelle…. il y a des fois ou ya pas trop le choix, même si je ne suis pas regardante de ce genre de choses chez les autres, mais pour certaines c’est très dense et très long… ça pourrait mettre mal à l’aise la personne en question….
    Bref… tout ça pour dire, j’aimerais ne pas m’épiler sous les bras, mais je n’ai pas encore passé le cap!!! (Déjà que j’ai de la peine a supporter ceux de mon mec… sous ses bras!!! 😂)

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, tout ça c’est une question tellement personnelle au final ! En général les gens ne font pas attention en plus. En couple c’est encore une autre histoire haha 🙂

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