Ces habitudes qui ont changé depuis que je vis en Corée

J’ai du mal à réaliser que les mois se sont étirés, jusqu’à s’aligner en années, avec ce constat numérique implacable : voilà quarante-trois mois que mes valises se sont posées en Corée du Sud, dans la banlieue de Séoul.
Bien sûr c’est bien peu comparé aux expatriés endurcis d’une dizaine d’années dans la péninsule, mais cette pensée, toute relative, ne permet d’éviter le choc de ce chiffre, ni cette interrogation : qu’est-ce que la Corée a changé pour moi, dans mes habitudes ou mon comportement ?

 

L’alimentation

C’est toujours le premier gros changement lorsque l’on voyage ou que l’on s’installe ailleurs. J’aime beaucoup la cuisine coréenne et sa subtilité, même si, confrontée à la fameuse question « Quel est ton plat coréen préféré ? », je suis toujours prise au dépourvue. L’ouverture à une cuisine différente, mais aussi d’autres facteurs, ont petit à petit changé mon rapport à la nourriture.

Je mange moins sucré et moins de fruits

Au quotidien, ce qui a fondamentalement changé, c’est que je prends peu de desserts, pas vraiment de goûter, et même que je grignote moins (plus de morceau de pain pour caler un petit creux avant le dîner).
Comme dans de nombreux pays d’Asie, le concept de dessert n’est pas présent dans la cuisine traditionnelle, et c’est assez naturellement que j’ai commencé à m’en passer, sauf un petit carré de chocolat de temps en temps. Lorsque l’appel du sucré arrive, je cuisine un gâteau, peu attirée par les pains ou gâteaux un peu trop chimiques et au style différent de l’Occident (comme l’usage de pâte de haricot rouge).

Quant aux fruits, j’ai la tristesse de constater que j’en consomme moins. Non que le goût soit très différent, c’est plutôt le système de vente qui est en cause ici : un prix élevé et très variable selon les magasins, et la vente pré-emballée ou à l’unité (et non au kilo), qui fait que je ne peux pas acheter plusieurs variétés de fruits sans courir le risque de gaspiller. et puis imaginez, cinq pommes vendues pour 7-8 euros, ça refroidit un peu (je n’exagère pas) !
Je vis avec et j’essaie de profiter au mieux des variétés locales qui n’existent pas ou peu en France (certains types de melons ou de poire, les jujubes, les pastèques, les kakis etc.).

Je mange moins de viande et moins de produits laitiers

Le fait que je mange moins de viande n’est pas exclusivement lié à la Corée, car mon arrivée dans ce pays a correspondu avec une prise de conscience grandissante via la lecture de blogs comme celui d’Ophélie Véron.
Ajoutés à cela le prix très élevé de la viande ici, et le fait de ne pas s’y retrouver dans quoi acheter, comment le cuisiner, je me retrouve aujourd’hui à consommer en moyenne une à deux fois par semaine de la viande, ce qui me convient très bien.

Cela fait bien longtemps que ne je consomme plus beaucoup de lait. J’utilise surtout le lait de soja (ou d’autres laits végétaux qui commencent à apparaître) et n’ai pas vraiment d’envie de yaourt. Le fromage me manque beaucoup mais faute de choix et de qualité, je n’en achète presque jamais.

Plusieurs choses se sont « réduites » donc et, en relisant ces lignes, on peut légitimement se demander : qu’est-ce que je mange plus ?
Sans vouloir rentrer dans le cliché, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est le riz ! Rond, un peu collant, j’adore le riz coréen, qui est vraiment la base de la nourriture coréenne (plus que la Chine j’ai l’impression, qui regorge de variétés de nouilles), et que l’on peut cuire avec des céréales (du millet par exemple) ou d’autres types de riz (du riz germé, du riz noir etc.).
Sans compter le soja sous toutes ses formes (frais, en sauce ou autre condiment, en laitage), le tofu, les algues, le piment, l’huile de sésame, et dans une moindre mesure, les poissons ou fruits de mer. Pour ces derniers, j’en mange peu mais sûrement plus qu’en France. C’est d’ailleurs en Corée que j’ai commencé à apprécier les huîtres.

 

Le rapport aux gens

Mon rapport aux gens n’a pas énormément changé, mais je me suis rendue compte de quelques petites choses.

Je suis très méfiante lorsque l’on m’aborde dans la rue ou dans un café, car l’on est souvent vu d’abord et avant tout comme un étranger : est-ce pour parler de telle ou telle église protestante et me convaincre d’y aller ? Ou alors pour pratiquer l’anglais (bah oui vous parlez forcément anglais) ? Pour avoir une amie étrangère, parce que c’est cool ?
Je ne veux ni généraliser, ni dresser un portrait noir des Coréens, mais ces situations rencontrées à plusieurs reprises m’ont mises (un peu trop ?) sur mes gardes.

Même si je sais que les gens ici ne sont froids qu’en apparence, au quotidien j’ai encore du mal avec le fait que quasiment personne ne se salue dans le hall de l’immeuble, même le voisin de palier, que dans les transports, on évite le contact visuel tandis que l’on n’hésite pas à vous bousculer sans rien dire, et que l’on soit rivé à son écran de téléphone, sans faire attention à ce qui nous entoure.
J’ai conscience que c’est lié au fait d’habiter dans une grande ville hyper-connectée, et que le métro parisien n’est pas non plus un exemple de civilité ou de sociabilité, je n’arrive pourtant pas à m’y faire complétement.

 

La rapidité, pour tout

Une chose qui facilite la vie à quiconque s’installant dans le Pays du Matin Calme, c’est bien la rapidité de ses services : au restaurant, à l’hôpital, à la poste, à l’immigration, à la banque (le service en ligne demeure peut-être l’exception à la règle), la liste peut être longue. On décrit souvent la Corée comme la culture du « bbali bbali » (« vite, vite »), et ce n’est pas pour rien ! Bref, facile de s’habituer à cette rapidité et cette efficacité, si bien que je m’inquiète parfois du retour en France et de son rythme différent.

 

Et vous ? Quelles habitudes ont changé depuis que vous avez changé de région ou de pays ?

 

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7 commentaires sur “Ces habitudes qui ont changé depuis que je vis en Corée

  1. J’ai adoré ton article je n’ai pas encore eu l’occasion de rester au moins un an en Corée, mais comme j’y vais souvent et sur de longues périodes, je suis tout à fait d’accord sur le rapport avec les gens. En effet, Il est difficile de se faire des vrais amis en Corée et en plus quand on nous aborde dans la rue il faut toujours rester vigilant à certaines demandes étranges ^^
    De plus au sujet de la nourriture je suis un peu comme toi d’autant que j’ai un peu de mal à manger de la nourriture épicée xD

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    1. Merci pour ton message 🙂
      Moi aussi j’ai un peu de mal avec la nourriture épicée. Quand je mangeais souvent dehors ça allait à peu près, mais dès que tu perds l’habitude, c’est retour à la case départ !

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  2. Depuis que je suis au Canada, mes habitudes alimentaires ont bien changé, mais plutôt en mal xD. Disons qu’il est très facile de trouver du gras et du sucre haha.
    Sinon, je me demandais la raison pour laquelle tu es allée en Corée du Sud ?

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    1. Je pense que cela m’avait fait un peu la même chose lors d’un séjour en Angleterre haha.
      Pour ma venue en Corée du Sud, je suis allée rejoindre mon amoureux coréen. Un sujet que j’évoquerai sur le blog un jour sûrement 😉

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